Au Togo, on décentralise en centralisant et en concentrant le pouvoir entre les mains de l’Etat

WEBINAIRE DU 31 JUILLET 2022 DE TOGO DEBOUT SUR ZOOM

« Au Togo, on décentralise en centralisant et en concentrant le pouvoir entre les mains de l’Etat » Me Isabelle Améganvi

Comme à l’accoutumée et tous les derniers dimanche du mois, l’organisation Togo Débout qui rassemble des Togolais de la diaspora, a organisé un webinaire le 31 juillet 2022 via le canal Zoom. Il a été question pour les vingt-et-deux (22) participants qui y ont pris part de vivre le condensé de l’actualité sociopolitiques du Togo présentée par Fovi Katakou et de suivre un exposé de l’intervenant principal, Me Isabelle Manavi Améganvi, premier adjoint au Maire de la Commune du Golfe 4, sur le thème « Décentralisation et contrôle citoyen de l’action publique ». Les participants au webinaire ont eu droit à la parole pour poser des questions à cette dernière qui en a profité pour apporter beaucoup plus de lumière sur les incongruités du processus de la décentralisation au Togo.

 

La remise du témoin de l’alternance au président Mokgweetsi Masisi de Botswana le 06 juillet 2022 à Gaboronne par le Professeur David Ekoué Dosseh, Premier Porte-parole du Front Citoyen Togo Debout (FCTD) et Coordinateur de TLP TOGO, dans le cadre du sommet international sur le constitutionnalisme et la consolidation démocratique en Afrique organisé conjointement par le gouvernement du Botswana et le National Democratic Institute (NDI), la reconnaissance par l’Etat-major des Forces Armées Togolaises (FAT) de la bavure commises par des militaires à travers un aéronef en patrouille nocturne qui aurait pris malencontreusement pour cible un groupe d’enfants qu’il a confondu à une colonne djihadistes en mouvement (bavure qui a coûté la vie à sept enfants à Margba dans la préfecture de Tône), l’interdiction du meeting de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) sous prétexte d’un prétendu attentat commis par un homme de nationalité tchadienne au Grand Marché de Lomé et la récente augmentation du prix à la pompe des produits pétroliers avec comme mesure d’accompagnement la revue à la baisse des frais de péage pour les poids lourds, sont les sujets principaux abordés par Fovi Katakou dans la rubrique « Revue de l’actualité togolaise du mois de juillet 2022 ».

A la suite du point, Fovi Katakou a invité les participants à réfléchir au travail à faire pour parvenir à l’alternance, seule condition qui selon lui va permettre aux populations Togolaises de s’épanouir véritablement.

L’intervenant principal, Me Isabelle Manavi Améganvi a, dans son exposé sur le thème « Décentralisation et contrôle citoyen de l’action publique », replanté le décor du cadre juridique et du fonctionnement normal des communes, dans le cadre de la décentralisation au Togo, et expliqué aux participants, les faits qui ont obligé le gouvernant à procéder à la troisième modification consécutive de la loi sur la décentralisation, en seulement trois ans d’exercice des communes nouvellement crées.

C’est un secret de polichinelle que la décision d’adressage des voies prise par les autorités de la Communes du Golfe 4, le conflit ouvert entre ceux-ci et le ministre en charge de l’administration territoriale à propos de l’EPAM (Établissement Public Autonome pour l’exploitation des Marchés) et la confusion de rôle à travers les prérogatives du District Autonome du Grand Lomé (DAGL) qui constituent des faits qui ont remis en selle le régime en place et ses réflexes de conservation de pouvoir.

Ainsi, le 30 juin 2022, les députés de l’Assemblée nationale ont acté cette volonté en procédant à l’adoption de nouvelles dispositions qui renforcent les attributions et le fonctionnement du DAGL, émiettent les compétences propres des communes du Grand Lomé, précisent les dispositions relatives à la destitution du maire et de ses adjoints, le rôle de coordination dévolu aux conseils régionaux et réduit la durée des sessions des réunions des conseils municipaux et régionaux de quinze (15) à dix (10) jours maximums par trimestre ».

Malheureusement face à ces restrictions qui empêchent le bon fonctionnement des communes du Grand Lomé et obligent les Maires à demander une autorisation au ministre de tutelle avant de se rendre par exemple à une réunion de famille au-delà des frontières Togolaises, l’intervenant principal reconnaît que les Maires et élus locaux issus des forces vivent ne parlent pas le même langage. Ce qui constitue une faiblesse que le système exploite pour avancer dans son plan de contrôle systématique et de centralisation et concentration de la décentralisation, en s’appuyant sur des institutions inféodées à l’instar de la Cour Constitutionnelle qui avalise toutes les lois sans juger de leur constitutionnalité.

Il faut relever des interventions de Me Isabelle Manavi Améganvi, la faiblesse observée en matière de contrôle citoyen de l’action publique par engagement individuel et/ou collectif des citoyens. Une faiblesse due aux dispositions liberticides qui enferment les citoyens dans la peur d’être poursuivit, arrêté et emprisonné sur la base de faux chefs d’accusations.

Le webinaire de Togo Debout est un rendez-vous qui permet aux Togolais de l’Extérieur qui y attachent du prix, à prendre connaissance de l’actualité de leur pays, à avoir la réalité des faits, à poser des questions et à obtenir des réponses pour agrémenter les réflexions autour de la problématique de l’alternance à la tête du Togo.

Déclaration : Libération inconditionnelle et immédiate

DÉCLARATION

 

Libération inconditionnelle et immédiate de :
1°) Jean-Paul OUMOLOU ;
2°) Ferdinand Messan AYITE ;
3°) Joël Vignon EGAH ;
4°) Fovi KATAKOU ;
5°) et annulation des poursuites contre Isidore KOUWONOU.

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                Comme jadis à la fin de l’année 2020, une nouvelle vague répressive déferle sur le Togo en cette fin d’année 2021, frappant en 40 jours, 5 journalistes et activistes politiques dont les 3 nouvellement arrêtés et détenus en l’espace de 48 heures, portent à 116 le nombre des prisonniers politiques depuis trois ans, sur lesquels 7 sont morts du fait de leur détention. Voici les faits :

1°) Jeudi 4 novembre 2021 – arrestation de Jean-Paul OUMOLOU :
Activiste politique et militant de la Dynamique Monseigneur KPODZRO (DMK) résidant en Suisse, Jean-Paul OUMOLOU a été enlevé au petit matin au quartier Hédzranawoé, dans la commune du Golfe 2 à Lomé, par des agents de la Gendarmerie nationale lourdement armés et cagoulés qui, après avoir bouclé tout le quartier, se sont saisis de lui après l’avoir violenté, dans la résidence d’où il s’apprêtait à rejoindre le Ghana pour le reste des congés qu’il passait dans la sous-région.
Conduit au Service central de recherches et d’investigations criminelles (SCRIC), il y subit de longs interrogatoires suite auxquels, présenté
au Procureur de la République et au Juge d’instruction, ceux-ci l’ont accusé des 4 chefs d’inculpation suivants : «1.Appel au peuple et à
l’armée à l’insurrection ; 2.Diffusion de fausses nouvelles ; 3.Apologie de crime ; 4. Outrage à l’autorité publique ». Bien que le délai légal de
sa garde à vue soit largement dépassé, il est illégalement maintenu en détention depuis 40 jours au SCRIC.

2°) Jeudi 9-vendredi 10 décembre 2021 – arrestation et emprisonnement arbitraires du journaliste Ferdinand Messan AYITE :
Directeur de publication du journal L’Alternative, journaliste d’investigation internationalement reconnu pour son sérieux et son professionnalisme au nom desquels il a été récompensé par de nombreuses distinctions internationales, Ferdinand Messan AYITE a été convoqué, le jeudi 9 décembre, à la Brigade de recherches et d’investigations (BRI) où il a pu obtenir de se faire assister de son avocat, Me Elom Kpadé. Au cours de son audition, il s’est vu mettre en accusation pour les propos qu’il a tenus lors d’une émission sur « L’autre journal », la chaîne Youtube de son journal. Selon les informations données par l’avocat, il serait poursuivi sur la base d’une plainte déposée aux fins d’une inculpation sous 3 chefs d’accusation qui, n’ayant rien à voir avec le Code de la presse et de la communication, relèvent plutôt de l’article
490 du Code de procédure pénale : 1.« Outrage à l’autorité » et 2.« propagation de propos mensongers ». Bien qu’il ait été annoncé que cette plainte aurait été mise en mouvement par deux ministres du gouvernement togolais, M. Puis Kokouvi AGETOME, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et de la Législation, et M. Kodjo ADEDJE, Ministre du Commerce, l’accusation n’a pourtant pas été en mesure d’en produire la matérialité tout au long de la procédure jusqu’alors. Gardé à vue et incarcéré au BRI dans la soirée, il est conduit, le lendemain 10 décembre, chez le Juge d’instruction qui confirme les chefs d’accusation et le place sous mandat de dépôt dans la soirée.

3°) Vendredi 10 décembre 2021 – arrestation et emprisonnement arbitraires du journaliste Joël Vignon EGAH et mise sous contrôle judiciaire de son confrère Isidore KOUWONOU :
Le 10 décembre, c’est au tour de Joël Vignon EGAH, Directeur de publication du journal Fraternité qui a participé à l’émission sur « L’autre journal », et Isidore KOUWONOU, rédacteur en chef du journal L’Alternative et Secrétaire général du Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT), qui a été le modérateur de ladite émission, de se voir convoquer à la BRI où ils ont rejoint Ferdinand Messan AYITE. Au cours de leur audition, ils se sont vus inculper à leur tour des mêmes chefs d’accusation retenus contre Ferdinand Messan AYITE. Ensemble conduits chez le Juge d’instruction, les trois journalistes se voient confirmer les charges retenues contre eux et, alors que Joël EGAH est placé sous mandat de dépôt, Isidore KOUWONOU se voit placer sous contrôle judiciaire. Tout cela, au mépris de la dépénalisation du délit de presse en vigueur au Togo depuis 17 ans.

4°) Samedi 11 décembre 2021 – Enlèvement à son domicile de l’activiste Fovi KATAKOU :
Aux environs de 11H du matin, une escouade de la Gendarmerie nationale comprenant des hommes lourdement armés et cagoulés, tous venus à bord de plusieurs véhicules dont certains portaient les inscriptions de la Gendarmerie nationale, ont bouclé tout le quartier du domicile de l’activiste Fovi KATAKOU où ils ont brutalement fait irruption, méticuleusement perquisitionné et procédé à son arrestation en toute illégalité. Lors de l’embarquement de Fovi KATAKOU par les gendarmes, ceux-ci ont également saisi et emporté dans leurs voitures tous les instruments de sonorisation servant à ses activités avant de prendre une destination initialement inconnue de ses parents qui s’avèrera finalement être le SCRIC. Auditionné tard dans la soirée du samedi et dans la matinée du dimanche, il a été inculpé des chefs d’accusation suivants :
1. « Apologie de crimes » et 2. « délits et incitation à la révolte »
Au moment de son arrestation, Fovi KATAKOU n’a eu pour seul sort tort que d’avoir publié sur les réseaux sociaux un message dénonçant l’arrestation et l’emprisonnement arbitraires dont Ferdinand Messan AYITE et Joël Vignon EGAH ont été l’objet, tout en appelant l’opinion publique à se mobiliser pour exiger leur libération immédiate et sans condition.

Face à cette situation, les organisations sous signées :
— 1. Dénoncent et condamnent avec la plus grande vigueur cette nouvelle vague d’arrestations arbitraires d’innocents citoyens tous incarcérés pour délit d’opinion et, en ce qui concerne les journalistes poursuivis, en violation flagrante des dispositions du Code de la presse qui a dépénalisé le délit de presse depuis plus de 17 ans.
— 2. Dénoncent et condamnent tout particulièrement avec la plus grande vigueur le traitement honteux infligé à Fovi KATAKOU, personne à mobilité réduire qui, malgré son statut qui le contraint à se déplacer dans un fauteuil roulant, a subi avec toute sa maisonnée, d’inqualifiables voies de faits qui déshonorent et bafouent sa dignité d’être humain lors de son enlèvement à son domicile.
— 3. Exigent la libération inconditionnelle et immédiate de ces 4 activistes et journalistes qui viennent d’être à leur tour arbitrairement arrêtés.
— 4. Lancent un vibrant appel à toutes les organisations et institutions tant au Togo que de par le monde entier en charge de la défense des droits des handicapés à intervenir auprès des autorités togolaises pour, d’une part, condamner et dénoncer fermement le traitement qui a été infligé à Fovi KATAKOU, d’autre part, exiger sa libération inconditionnelle et immédiate.
— 5. Exigent la libération inconditionnelle et immédiate de tous les prisonniers politiques
— 6. Lancent un appel solennel et pressant à l’unité de toutes les organisations de la presse, de la société civile, politiques, syndicales, humanitaires et démocratiques tant au Togo qu’à l’échelle internationale pour intervenir auprès des autorités togolaises en multipliant toutes sortes d’initiatives exigeant le respect de la liberté de presse ainsi que des droits civils et politiques garantis tant par la législation togolaise que les instruments internationaux ratifiés par l’Etat togolais.

Lomé, le 13 décembre 2021

Pour le
Comité pour la libération de tous les prisonniers politiques du Togo
Patronat de la presse togolaise (PPT)
Consortium des Journalistes d’Investigation du Togo (COJITO)
Tournons La Page – Togo (TLP Togo)
Front Citoyen Togo Debout (FCTD)

TogoDebout vous invite à revisiter les arcanes de la lutte pour la libération du peuple togolais.

Version en Mina
Version en Français

Bonjour, je suis Brigitte AMEGANVI, coordinatrice de TogoDebout Europe. Je me présente devant vous aujourd’hui avec le masque, à l’effigie de TogoDebout, comme vous le voyez. Ce masque a deux fonctions :
– Il rappelle que nous sommes toujours en période de pandémie à COVID-19. Nous invitons donc tout un chacun, dans ses activités professionnelles, sociales et militantes à respecter les gestes barrières ainsi que toutes les prescriptions légales. Nous recommandons de porter le masque, surtout lorsque les distances minimales prescrites ne peuvent pas être respectées.
– Ce masque a également une fonction d’authentification, de datation des images et vidéos que l’on nous présente. En effet, il y a tellement de fake news (fausses nouvelles) qui circulent sur les réseaux sociaux que nous pouvons déjà faire un premier test pour savoir si l’image que l’on nous présente est actuelle ou si elle date de plusieurs années dans le passé. Lorsque l’on balance une news en vous faisant croire que cela s’est passé hier, regardez déjà si les gens portent le masque sur la photo ou la vidéo.

Ceci dit, je vais l’enlever parce que ce n’est tout de même pas très commode pour vous parler et pour vous expliquer pourquoi nous sommes ici aujourd’hui. Mais avant de l’enlever, j’ai bien vérifié que la personne qui filment est à plus de 1,5 m de moi, donc nous pouvons y aller sans masque, en toute sécurité.


Il y a quelques jours, à la suite d’une intervention que j’avais faitedans un groupe WhatsApp, j’ai été interpellé par des jeunes très engagés dans la lutte pour la libération. Ces jeunes se plaignaient du fait qu’avec tout l’historique de la lutte que j’ai vécu, toute l’expérience que j’ai accumulée, je sois restée silencieuse, donnant l’impression que je ne suis plus impliquée dans la lutte, ce qui n’est pas de tout exact. Du coup, je pense qu’il est nécessaire que nous vous expliquions ce que nous faisons actuellement, ce que nous n’avons cessé de faire depuis 30 ans. Il nous faut restituer la vérité historique parce qu’il y a effectivement, dans cette lutte, énormément de mensonges, de calomnies, d’imposture.
Et donc, il est important que nous rappelions les étapes clés de cette lutte pour la libération du peuple togolais du joug de la dictature, que nous analysions l’histoire pour pouvoir, à travers elle, tracer notre trajectoire pour l’avenir et surtout affirmer les valeurs qui sont les nôtres, qui ont guidé nos combats, depuis le début et qui sont toujours les nôtres aujourd’hui.
Nous ferons donc une série de vidéos et d’interventions sous différentes formes. Celle-ci est la première, la vidéo introductive. Nous ferons d’autres vidéos, ciblées par thème. Nous inviterons d’autres acteurs clés de ce combat contre l’arbitraire. Nous vous invitons également à nous joindre sur nos différents réseaux sociaux, dont l’adresse s’affichera probablement au bas de cette vidéo, mais également sur notre site Internet www.TogoDebout.info. Sur ce site internet, vous aurez accès à l’historique de toutes les actions que nous avons menées depuis la création de TogoDebout en Août 2017.


Nous vous invitons également à nous écrire, à nous joindre de différentes manières, soit
– par Email : togodebout@togodebout.info,
– dans nos groupes WhatsApp
– dans notre groupe Telegram : http://t.me/TogoDebout
– sur notre page Facebook : http://fb.com/TogoDeboutPourLaLiberte
– via notre compte Twitter : http://twitter.com/TogoDeboutEurop

Je puis vous assurer que nous nous ferons plaisir de répondre, personnellement, à vos interrogations.

Hommage #TogoDebout à Raymonde DANIKEY

Hommage à notre compatriote et compagnon de lutte Raymonde Wolassi Danikey

C’est avec une grande tristesse et le cœur meurtri que je prends la parole au nom de TogoDebout pour m’adresser à vous.

Passionnée par l’autre, aimant servir et désirant un Togo meilleur, Raymonde fait partie de ceux et celles qui ont servi et qui servent passionnément et inconditionnellement le Togo.

Authentique militante Ablodévi à l’image de sa famille qui a écrit les belles pages de la lutte pour la libération et l’indépendance du TOGO, Raymonde a été la coordinatrice de TogoDebout au Canada de 2017 à 2020 et s’est impliquée dans plusieurs mouvements associatifs et communautaires dont la Communauté Togolaise au Canada (CTC) dont elle fut la secrétaire générale.

Infatigable, inlassable, elle était de tous les combats, de toutes les manifestations de la diaspora et sur le terrain au Togo. Lors des dernières Présidentielles de Février 2020, son dernier fait d’arme a été d’assister les forces démocratiques pour que la liberté et la vérité des urnes soit respectée…. En vain !

Calmer les uns, apaiser les autres, rechercher l’unité, montrer l’exemple et faire preuve d’abnégation malgré sa douloureuse maladie nourrissaient son sacerdoce. Raymonde a été très malade en 2016 mais la maladie n’a jamais eu raison de sa détermination. Elle mettait souvent les bouchées doubles jusqu’à ses dernières heures pour la cause si ingrate qu’est notre lutte. Trois jours avant sa disparition brutale, elle travaillait encore à l’avènement d’un Togo meilleur.

Togo, pays de nos aïeux, puisses tu porter des filles et des fils de la trempe de Raymonde, forte, paisible, joyeuse, vaillante et dont le cœur soupire sans relâche vers la liberté.

Raymonde, tu as combattu le bon combat: tu as été une épouse, une mère, une sœur, une amie, une militante, une battante et une combattante forte, toujours debout.

Nous avons toujours su compter sur elle et sa loyauté était sans faille. Lors de notre dernière conversation, elle me faisait part de son inquiétude à propos de l’avenir de TogoDebout en me priant de faire mon nécessaire dans ces temps d’incertitude pour que l’esprit ABLODE reste le point de repère de tous les sympathisants de notre lutte. Sa clairvoyance nous invite à respecter sa dernière volonté.

Tu as plié mais tu n’as pas cédé, et tu es partie dans la dignité, sois remerciée pour ce don de toi.

Va en paix et que cette terre de nos aïeux que tu as tant chérie, te soit légère.

TogoDebout jusqu’au bout !

Karl Gaba
Coordinateur Général

TOGO : UN CADRE ÉLECTORAL TRANSPARENT POUR LE VOTE DE LA DIASPORA

COLLECTIF TOGODEBOUT EUROPE

TOGO : UN CADRE ELECTORAL TRANSPARENT
POUR LE VOTE DE LA DIASPORA

Réformes électorales et institutionnelles indispensables

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Issu du grec ancien, le terme diaspora désigne la dispersion à travers le monde d’une communauté ethnique ou d’un peuple.

A l’origine, ce terme ne recouvrait que le phénomène de dispersion proprement dit. Aujourd’hui et par extension, il désigne également le résultat de la dispersion, c’est-à-dire l’ensemble des membres d’une communauté dispersés dans plusieurs pays.

Le phénomène de dispersion du peuple togolais a connu différentes motivations et étapes, ainsi que différents paliers historiques en termes de nombre de migrants. D’une dispersion “au fil de l’eau”, principalement motivée
par l’acquisition ou l’exercice de compétences professionnelles, de la période coloniale aux premières années de l’indépendance du Togo, le flux migratoire s’est accéléré et a pris une dimension plutôt politique au cours des décennies 70 et 80, avant de connaître des vagues importantes d’exodes de la   populations liés aux crises politiques récurrentes qui secouent le Togo depuis octobre 1990.

La diaspora togolaise est aujourd’hui dispersée sur les cinq continents. Mais c’est indéniablement l’Afrique francophone, et en particulier les pays voisins du Togo qui ont accueilli le plus grand nombre de migrants d’origine togolaise.

Les Togolais résidant à l’étranger répondent à quatre statuts administratifs dans leur pays d’accueil :

• Les réfugiés ont fui le Togo pour des motifs politiques afin de sauver leur vie,
• Les Togolais en situation irrégulière dans leur pays d’accueil ont quitté le Togo soit par peur des représailles suite à leur implication citoyenne ou politique, soit pour des raisons économiques, soit pour les études dont la durée est arrivée à terme sans qu’ils aient pu obtenir le changement de leur statut,
• Les membres de la diaspora togolaise en situation régulière ont quitté le Togo avec des documents administratifs en règle délivrés par les représentations diplomatiques de leur pays d’accueil, soit pour des motifs économiques ou d’études, soit pour rejoindre leur famille dans le cadre d’un regroupement familial,
• Enfin certains membres de la diaspora togolaise ont acquis la nationalité de leur pays d’accueil, par mariage ou par naturalisation. Au sein de cette dernière catégorie, certains ont dû renoncer à leur nationalité d’origine, la double nationalité n’étant pas autorisée dans leur pays d’adoption.

Les réfugiés politiques ou économiques, en situation régulière ou non, constituent la composante la plus importante de la diaspora togolaise. C’est la raison pour laquelle la défiance reste grande vis à vis des ambassades et autorités consulaires. Celles-ci sont perçues comme les représentants du pouvoir central togolais susceptibles de poursuivre les persécutions, même dans les pays d’exil. De telles craintes, un temps estompées, ont été ravivées par des personnes suspectes, repérées dans les manifestations récentes de la diaspora togolaise en train de prendre discrètement des photos et soupçonnées d’être des espions travaillant pour les ambassades.

Pour rendre effectives les dispositions constitutionnelles et électorales qui devraient permettre aux Togolais résidant à l’étranger de voter en toute transparence, nombre de pré requis sont indispensables. Parmi ces pré
requis figurent les réformes électorales, une procédure de facilitation des conditions d’obtention des documents administratifs permettant aux Togolais résidant à l’étranger, quelle que soit leur situation administrative dans le pays d’accueil, de s’inscrire sur les listes électorales et un recensement général des
Togolais résidant à l’étranger.

Il convient également de mettre en place un cadre de confiance et de gestion des opérations électorales avec des listes électorales fiables et contrôlées ; le déroulement des opérations de vote selon les dispositions légales du code électoral ; des dispositifs d’observation des élections qui impliquent les organisations qui ont une expertise en matière électorale ; le dépouillement public des bulletins par bureau de vote ; et la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote avant leur centralisation, et autant que faire se
peut, l’établissement de bureaux de vote hors des sites d’ambassades et de consulats.

La diaspora togolaise reste très attachée à son pays d’origine et elle joue un rôle actif et positif dans le développement socio-économique du Togo par les transferts et partages multiples tels que le transfert de fonds, de compétences, de technologies. Le vote des Togolais résidant à l’étranger est un devoir civique. Mais pour que la diaspora puisse véritablement compter dans la situation économique, sociale et politique du Togo, son droit de
vote doit être élargi à la représentation des Togolais établis à l’étranger au sein des institutions nationales telles que le parlement, le conseil économique et social et les institutions délibératives territoriales en cours de création.

Compte tenu des circonstances actuelles et surtout compte tenu de la date fixée à ce jour pour les prochaines élections législatives au Togo, il est difficile d’espérer que le projet de vote de la diaspora puisse se concrétiser à l’échéance du 20 décembre 2018, soit dans un délai légèrement supérieur à trois (3) mois à compter de ce jour.

En effet, pour que le vote des Togolais de l’étranger soit effectif tout en répondant aux normes internationales de transparence d’une élection, une série de préalables listés ci-après doivent être réunis. Ces préalables devraient entraîner des modifications significatives du code électoral, de la structuration de la Commission Nationale Indépendante (CENI), ainsi que de la structuration de l’Assemblée nationale. Il sera en effet nécessaire de :

1. Préciser les conditions d’inscription des membres de la diaspora togolaise sur les listes électorales et régler les incohérences relevées dans le code électoral actuellement en vigueur ;
2. Créer et mettre en place les démembrements de la CENI dans les ambassades et consulats (Voir Chapitre 2 : Les pré requis pour un vote équitable et transparent des Togolais de l’étranger) ;
3. Ouvrir les inscriptions sur les listes électorales avec un minimum de climat de confiance pour que la diaspora, essentiellement composée de réfugiés (politiques et économiques) accepte de confier ses données personnelles à ceux qu’elle considère aujourd’hui, à tort ou à raison comme les représentants
de ses bourreaux, (Voir Chapitre 3 : un cadre de confiance et de gestion des opérations électorales) ;
4. Revoir la répartition des sièges de l’assemblée nationale et le découpage électoral pour inclure les représentants (députés) des Togolais de l’étranger. (Voir Chapitre 4 : du vote à la représentation de la diaspora togolaise dans les institutions nationales et territoriales) ;
5. Mettre en place, de manière indépendante et consensuelle, le Haut Conseil des Togolais de l’étranger qui puisse jouer le rôle de tiers de confiance dans l’organisation et la supervision du vote de la diaspora. En effet, il est impératif que la diaspora togolaise se prenne elle-même en main, à la suite de la mascarade orchestrée à Munich le 11 août 2018 par des cadres du parti au pouvoir, au nom d’une « Première université d’été de la diaspora togolaise d’Allemagne sous la Présidence de Mr Affoh Atcha Dedji, membre du bureau politique du Parti UNIR » et à la suite du communiqué publié le 13 août par le
département communication d’un Haut Conseil de la Diaspora Africaine(HCDA), organisation fictive de la diaspora africaine dont personne n’avait entendu parler auparavant.

Paris, le 15 septembre 2018
La coordination TogoDebout Europe
Brigitte Améganvi +33 6 14 88 31 21

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