COMMUNIQUÉ TOGODEBOUT
Échec et mat : Faure a perdu devant la CEDEAO, il fait semblant de gagner devant les micros.
La CEDEAO a parlé. Pas pour discuter : pour demander des comptes.
Par l’arrêt ECW/CCJ/JUD/01/26 rendu en janvier 2026, la Cour de justice de la CEDEAO a constaté la violation de l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie. Par sa lettre de relance du 23 octobre 2026, elle a rappelé au Togo son obligation d’exécuter cette décision.
Lomé doit donc expliquer ce qu’il fait pour exécuter l’arrêt. La révision de 2024, qui a fabriqué la Ve République, écarté l’élection directe du chef de l’État et exempté le président du Conseil de toute soumission au verdict des urnes, instaurant ainsi une monarchie Gnassingbé, n’est plus une « réforme ». C’est un changement anticonstitutionnel de gouvernement.
Alors Faure Gnassingbé sort son arme préférée : un appel au dialogue inter-togolais, accouché par un colloque aux allures de congrès du parti RPT-UNIR.
Des juristes réunis à Lomé les 29 et 30 octobre 2026, des communications, des « nuances », des « limites » de l’arrêt. On croirait une conférence de « prestidigitateurs » ; en réalité, c’est une tentative de noyer une condamnation sous le jargon.
Mais un pupitre n’est pas une cour d’appel. Un micro ne transforme pas un arrêt en rumeur. Et aucune communication savante ne remplacera l’exécution que la CEDEAO attend.
Surtout que le plaidoyer de Pascal Bodjona, en introduction de la cérémonie, a été un boomerang. D’abord, un aveu de culpabilité ; ensuite, un appel au secours. En réclamant dialogue et compromis auxquels l’opposition ne peut plus, et ne doit plus, se prêter, il a voulu sauver le régime RPT/UNIR ; il lui a surtout creusé la tombe d’un énième dialogue bidon qui se referme sur lui.
Car l’objectif était limpide : soustraire le dossier du coup d’État constitutionnel à la compétence des organisations internationales, puis présenter à la communauté internationale une diversion institutionnelle. Son intervention n’a pas protégé Faure Gnassingbé : elle enterre politiquement son pouvoir.
Le peuple, lui, n’a pas à regarder ce cirque en silence. Il doit s’organiser, se mobiliser avec hardiesse et faire pression jusqu’à ce que le pouvoir comprenne que la rue est plus forte que les salles de conférence.
Faure peut remplir les amphithéâtres. Il ne remplira pas le vide de légitimité laissé par son coup d’État institutionnel.
Un colloque ne vaut pas un consentement. Le peuple n’a pas besoin d’une autorisation académique pour exiger la transition radicale et le retour de la Constitution de 1992.
Togodebout jusqu’au bout…
Fait, le 3 novembre 2026
Karl Gaba
Pour la coordination TogoDebout
